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L'encoprésie
Qu’est-ce que c’est?
Définition :
L’encoprésie peut se définir comme la défécation répétée
volontaire ou involontaire en des endroits non appropriés, à savoir dans
les vêtements
de l’enfant ou dans les pièces de lieux habités. Le contrôle des
intestins est acquis avant le contrôle de la vessie, de sorte qu’aux
environs de trois ans, la propreté intestinale est habituellement une
question réglée.
Les critères :
Que l’enfant soit âgé de plus de trois ans, qu’il y ait défécation au
moins une fois par mois et qu’elle ne soit pas causée par des troubles
organiques.
Il existe deux sortes d’encoprésie, primaire et secondaire :
L’encoprésie primaire implique que le contrôle intestinal n’a jamais été
acquis et que la malpropreté se maintient au-delà de trois ans.
L’encoprésie secondaire implique que la propreté à été acquise puis
perdue ultérieurement après plusieurs mois ou années; l’association des
psychiatres américains propose une période de propreté d’au moins un an
avant de retenir un diagnostique d’encoprésie secondaire.
Une autre distinction est souvent faite entre l’encoprésie rétentive et
l’encoprésie non rétentive.
L’encoprésie rétentive : l’enfant présente des périodes plus ou moins
longues de constipation au cours desquelles il accumule les matières
fécales qu’il élimine ou perd par la suite dans des endroits non
appropriés, avant tout dans sa culotte. La rétention ne se fait pas
parfaitement de sorte que des pertes, des fuites se produisent,
(débordement, suintement).
L’encoprésie non rétentive : l’enfant présente constamment un problème
de perte des matières fécales; il a tendance à le faire dès qu’il en
ressent le besoin où qu’il soit(vêtements, habitation); dans ce cas, la
quantité expulsée est habituellement importante.
L’encoprésie primaire est beaucoup plus fréquente (à 70%) que
l’encoprésie secondaire; elle se produit presque exclusivement durant la
journée. L’encoprésie secondaire apparaît habituellement entre 4 et 8
ans, après une période de propreté souvent imparfaite. La majorité des
enfants encoprésiques (environ 95%) présentent une encoprésie de type
rétentif.
Les recherches ont démontré que la prévalence de l’encoprésie est de
2.8% chez les enfants de 4 ans et de 1.5% chez les enfants de 7-8 ans.
Le taux approximatif de 1% d’enfants encoprésiques à l’âge de 5 ans est
souvent cité (DSM-III) par rapport à 10% de cas d’énurésie au même âge.
La prévalence de l’encoprésie diminue avec l’âge pour disparaître vers
16 ans (comme l’énurésie).
Les études ont également démontré que l’encoprésie survient 10 fois
moins souvent que l’énurésie mais qu’elle y est parfois associée (dans
25 à 30% des cas).
L’encoprésie de type non rétentif est plus fréquente chez les garçons
que les filles (rapport de 3 à 1), alors que l’encoprésie de type
rétentive se retrouve à part égale chez les deux sexes.
Je vous explique plus bas trois facteurs, physiologique, relationnel et
affectif ainsi que l’aspect psychopathologique.
Facteurs physiologiques : Certains auteurs ont émis l’hypothèse que
l’encoprésie serait une sorte de défécation par débordement parce que la
sensibilité de la muqueuse anale et la motricité des sphincters anaux
seraient perturbées suite à l’accumulation de matières fécales. En fait,
les études n’ont démontré aucune anomalie physiologique pouvant
expliquer l’encoprésie.
Facteurs relationnels : Dans certains cas, les problèmes de propreté
surviennent clairement à la suite d’un changement dans la vie de
l’enfant et constituent un moyen immature de faire face à des stress
internes et externes : certaines études ont démontré que l’enfant encoprésique peut réagir à différentes tensions : la naissance d’un
cadet, l’entrée à l’école, les conflits parentaux, la dissociation de la
famille, le retour au travail de la mère, etc. L’encoprésie peut aussi
se rattacher à l’instabilité parentale, à une attitude punitive des
parents, à un rejet de la part de ses pairs (amis), etc.
Dans d’autres cas, ce sont les parents qui donnent une importance
excessive à la propreté, ils adoptent une attitude très stricte et
rigide; par exemple, ils font des pressions pour que l’enfant soit
propre le plus tôt possible (éventuellement avant deux ans), ils
vérifient si l’enfant va régulièrement à la selle et peuvent avoir
recours à des laxatifs, des suppositoires et même des lavements. Une
telle attitude parentale a pour effet de trop investir dans la
production des selles quotidiennes, de sorte qu’elle devient une
préoccupation obsédante et entraîne une tension importante chez
l’enfant.
Facteurs affectifs : La personnalité de l’enfant se caractérise souvent
par des traits spécifiques.
Certains enfants encoprésiques présentent souvent un mélange de
soumission et d’opposition; il s’agit d’enfants à la fois passifs et
agressifs. L’enfant peut paraître extrêmement docile et désireux de
plaire, mais dérange ses parents par son insensibilité et son hostilité
dans l’apprentissage de la propreté. L’enfant encoprésique présente
souvent une importante problématique d’ordre anale où la dynamique du
contrôle ou du laisser-aller, n’est pas simple. Il se retient ou élimine
trop ou trop peu, alors que chez les autres enfants c’est une activité
banale et simple qui fait partie de la routine quotidienne. Tout devient
compliqué et chargé d’effets pénibles (agressivité, culpabilité, etc.)
chez l’enfant encoprésique.
Certains enfants ont également de la difficulté à devenir propres parce
qu’il ont des comportements de type hyperactif. Ainsi les activités, les
jeux et les cours peuvent être tellement accaparants que l’enfant ne
désire pas ou ne pense pas à les interrompre pour aller à la toilette ou
bien, une fois à la toilette, il ne prend pas le temps nécessaire pour
tout évacuer, ne pensant qu’à reprendre le plus rapidement possible ses
activités.
Une encoprésie de type rétentive se développe parce que l’enfant veut
retarder le moment d’aller à la toilette; dès lors, il se retient trop
et un débordement en résulte.
Aspects psychopathologique : La présence d’encoprésie déclenche des
réactions chez l’enfant et au sein de la famille.
L’enfant encoprésique se perçoit souvent comme un compagnon inacceptable
et non désiré avec les autres enfants. Le symptôme embarrassant limite
ses interactions avec ses pairs et, même s’il présente une façade
d’indifférence ou nie être touché par les moqueries des autres, il a
souvent tendance à être isolé et triste. Il craint que son entourage
constate la présence du symptôme s’il sent mauvais.
L’enfant encoprésique à habituellement tendance à se montrer indifférent
à son symptôme lorsqu’on lui en parle. Il cherche à cacher ses vêtements
et les autres effets souillés, craignant la réprimande des parents. Ces
conduites indiquent un sentiment de honte.
L’enfant est parfaitement conscient de ne pas avoir la maîtrise de ses
processus physiologiques, à la différence des autres enfants de son âge.
Dans certains cas, l’enfant peut se comporter de façon hostile, sous des
dehors d’indifférence et de nonchalance. Il utilise son symptôme pour
s’en prendre à l’entourage et provoque une réaction, par exemple en
gardant ses excréments dans sa culotte, en exhibant des vêtements salis,
voire même en barbouillant la maison (baignoire, meuble, mur). Le
comportement de l’enfant indique alors des traits névrotiques
importants.
L’existence de l’encoprésie peut également avoir un impact sur la
famille, et particulièrement sur les parents. Ceux-ci peuvent s’adapter
au symptôme et se montrer complaisants face à l’enfant : nettoyer son
linge souillé, laver l’enfant. Ils peuvent aussi réagir de façon hostile
: réprimande, moqueries, punitions, châtiments corporels.
Les attitudes excessivement complaisantes ou hostiles risquent souvent
de renforcer la situation, soit parce que l’enfant est à l’aise avec son
symptôme bien accepté par les parents, soit qu’il s’engage dans une
attitude d’opposition en réponse à l’hostilité des parents.
Même si l’encoprésie entraîne des inconvénients pour l’enfant et
l’entourage, elle implique souvent des bénéfices primaires et
secondaires pour l’enfant concerné; ces avantages sont souvent
inconscients et déniés (l’enfant refuse de les reconnaître).
1- Les bénéfices primaires sont directement rattachés à la construction
du symptôme et aux sensations qui s’y rattachent : |
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a) des sensations régressives liées à la passivité et à l’érotisation
cutanée : contact avec la masse et la chaleur des fèces dans la culotte. |
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b) des sensations corporelles diffuses rattachées au remplissage et au
vidage : le ventre est ballonné, les intestins sont purgés. |
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2- Les bénéfices secondaires résultent des effets du symptôme sur les
parents et de l’utilisation qui en est faite; le symptôme peut
satisfaire différents besoins dans le contexte des relations
interpersonnelles : |
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a) l’enfant peut éviter des situations désagréables qui le rendent
anxieux, entre autres s’éloigner de la maison et séjourner ailleurs (par exemple séjour chez des parents, camp de vacance); |
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b) il peut retrouver un surplus d’attention et d’affection; |
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c) il peut satisfaire ses tendances masochistes inconscientes s’il est
puni ou reçoit la fessée; |
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d) il peut éprouver du plaisir en constatant les déchirements entre ses
parents, engendrés par son symptôme d’attachement érotique à son parent
du sexe opposé, faisant de ce parent son allié alors qu’il s’oppose à
son autre parent. |
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L’évolution :
L’évolution du problème encoprésique varie d’un enfant à l’autre selon
qu’il s’agit d’un symptôme rattaché à une situation précise, à un
conflit limité ou au contraire à des conflits profonds et durables.
Généralement, l’encoprésie disparaît spontanément, au bout de quelques
semaines ou quelques mois. L’encoprésie qui se maintient pendant
plusieurs années laisse presque toujours apparaître des conflits
névrotiques importants. Le symptôme finit presque toujours par
disparaître au moment de l’adolescence de sorte qu’aucun cas n’est
rapporté au-delà de 16 ans.
Ce que vous venez de lire, ce sont des extraits du
« Manuel de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent ». Je ne
voudrais en aucun cas que vous croyiez que je veux culpabiliser qui que
ce soit, je n'ai que copié des extraits du manuel.
Je vous inviterais fortement à aller lire les témoignages sur
l'encoprésie pour que vous sachiez vraiment ce qui en est réellement.
Si vous suspectez que votre enfant souffre d’encoprésie, je vous
recommande fortement de consulter votre médecin, lui seul peut poser ce
diagnostique et pourra vous diriger vers le meilleur traitement pour
votre enfant.
Ce sera une période difficile pour vous les parents, mais n’hésitez pas
à demander de l’aide à votre CLSC ou à l’école de votre enfant, demandez
une travailleuse sociale ou une psychologue et si elle ne peut vous
aider, elle vous guidera dans vos démarches. Cela pour favoriser la
relation entre parent enfant et diminuer les tensions que cela peut
occasionner dans la vie familiale.
J’espère de tout cœur que ces renseignements aideront les parents qui
vivent cette situation. Pour vous, mes visiteurs, je souhaite vous
sensibiliser à ce problème car ce n’est pas toujours chose facile de
vivre avec un enfant différent. Parents et enfants n’ont pas besoin
d’être jugés, d’être regardés de travers car cela ne fait qu’augmenter
la tension et l’anxiété. Soyons plutôt réconfortants et apprenons à
aimer notre entourage tel qu’il est…
Merci au nom de tous les parents d’enfants différents.
Si vous avez un témoignage sur ce sujet à nous partager, il me fera
plaisir de l'ajouter.
Vous pouvez m'écire
ici
Maroca xxx
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