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Témoignage de Dico
Ma fille avait 3 ans et demi lorsque j’ai commencé à
la mettre propre. Je lui ai tout simplement enlevé les couches à la
suggestion d’une de mes sœurs. À ce moment là, je ne savais pas encore
qu’elle était dysphasique. Je mettais le pot dans le salon et du linge
de rechange sur le divan; comme ça, c’était facile. Elle a appris assez
vite, même qu’elle s’amusait à se mouiller pour changer de linge. Elle
apprenait en même temps l’habillement. Pour les selles, c’est autre
chose, je crois que cela n’a jamais vraiment été acquis. Une fois la
propreté pour les pipis acquise, j’enlevai le pot et la dirigeai vers la
salle de bain en bas pour que ce soit vite accessible. Mais voilà que ça
régressait et qu’elle ne voulait plus aller à la toilette. À partir de
ce moment, la « bataille » commença.
Quelques mois plus tard, j’en ai parlé à mon médecin de famille. Il me
suggèra de lui donner un horaire régulier pour aller à la toilette. Ça
bien été au début mais au bout de trois semaines, elle me faisait de
bonnes crises pour ne pas y aller. Bien qu’elle ait fait tout ce temps
des selles dans ses culottes, son vrai problème d’encoprésie commença.
C’étaient des selles molles et constantes. Si bien que je devais la
changer et lui nettoyer les fesses une dizaine de fois par jour. Au même
moment, elle entrait en pré maternelle 3 jours et demi par semaine.
J’étais désespérée. Avant de partir pour l’école je la nettoyais et la
changeais et en revenant, c’était à refaire. Elle se faisait faire des
remarques déplaisantes, bien qu’elle n’en était pas consciente. Mais mon
cœur de mère en a pris pour son rhume. À la maison, ce n’était pas
mieux; je la nettoyais constamment avec pour résultat que mes doigts
avaient pris l’odeur en « permanence ». N’en pouvant plus, je me suis
décidée à consulter en psychologie. Parallèlement, ma sœur m’obtenait un
rendez-vous chez le pédiatre pour voir si elle n’avait pas un trouble
de déficit d’attention.
La psychologue m’a émis deux hypothèses soit la dysphasie soit le ted
mais elle penchait plus du côté de la dysphasie. Quant à la pédiatre,
elle ne constatait pas de trouble de déficit de l’attention. Cependant,
en auscultant physiquement Jeanne elle constata une importante
constipation qu’il fallait traiter d’urgence. Deux semaines de laxatifs
et ensuite l’huile minérale. Jeanne a résisté pendant trois jours au
laxatif. Une fois le gros morceau passé, Jeanne ne voulait toujours pas
aller à la toilette. Je me suis mis à lire sur la dysphasie et j’ai
surtout découvert un site très intéressant. J’y ai puisé une information
qui m’a été d’un grand secours : un texte sur la méthode TEACCH destinée
aux enfants autistes. Ce programme consiste, en un premier temps, à
mettre en picto la séquence de ce que l’enfant doit faire à la salle de
bain. La seconde partie consiste à lui montrer comment reconnaître ses
sensations physiques, de sorte que l’enfant comprenne très bien ce qu’on
attend de lui. Cette méthode s’est avérée très efficace pour Jeanne,
surtout la deuxième partie. Elle avait fait des progrès remarquables et
à la fin de la pré maternelle, elle était devenue quasi autonome dans sa
propreté, surtout pour les pipis, elle me faisait beaucoup moins
d’encoprésie.
À l’entrée à la maternelle, Jeanne était presque autonome pour les
pipis, mais pour une raison que j’ignore, elle a régressé à la fin de
l’automne. Elle n’allait pratiquement plus seule à la toilette et s’est
mise dès lors à se constiper (1 selle aux deux semaines). J’étais très
découragée. Je perdais beaucoup d’espoir. Par chance, il y a eu une
rencontre avec le groupe du forum de discussion (1 déc. Granby) J’y ai
rencontré une femme ayant vécu le problème de l’encoprésie et qui m’a
redonné beaucoup d’espoir et SURTOUT qui m’a fait accepter cette
difficulté chez Jeanne. Dès lors la pression a baissé chez moi et par
conséquent chez Jeanne. Depuis janvier, mon pédiatre (un autre) m’a
recommandé de lui faire faire une selle au deux jours, quitte à employer
des suppositoires de glycérine. Et par miracle, Jeanne a eu une
ouverture au même moment et elle accepte d’y aller. Depuis ce temps,
plus de caca dans les culottes. Mais il me faut rester très vigilante
pour ne pas que ça reprenne. Elle ne va toujours pas seule aux toilettes
et parfois elle résiste mais quel changement par rapport au début!
Je me trouve un peu longue, mais je crois que c’est
important de comprendre les démarches qui peuvent être entreprises et
surtout l’espoir que ça peut engendrer. Je voudrais remercier plus
particulièrement Michelle (participante à la rencontre) et Shirley,
animatrice du site, de m’avoir prodigué conseils et encouragements, j’en
avais vraiment besoin. J’ai lu sur un autre site qu’une femme avait fait
une dépression à cause de l’encoprésie de son fils, je la crois. C’est
très dur, j’ai même trouvé cela plus dur que sa dysphasie. J’en parle
encore avec beaucoup d’émotion tant j’ai trouvé cela difficile.
Merci de m’avoir lue
Dico
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